Sait-on un jour, dans une vie, que le chômage c’est pour toujours – Intro
Je commence la parution de ce qui pourrait être un livre, je l’ai écrit il y a quelques années, il raconte une descente aux enfers : chômage, conséquences, surendettement, … le tout dans le cadre d’un couple à relations « délicates» , je vous le propose tel quel.
Introduction
Manque de chances ou fautes de ma part ou simplement le mal du chômage de masse ?
J’ai tendance à imputer mon histoire au le chômage de masse.
Quand ce chômage débuta pour moi c’était les années 90 : le chômage de masse n’en était qu’à ses débuts. J’allais « essuyer les plâtres » du chômage des « vieux ». Née avant le boum natal d’après guerre, j’avais connu la liberté sexuelle dès fin des années 50, la pilule dès 1965, le divorce en 1971, avant que c’en soit la mode, donc toujours que du bon avant tout le monde. Là ce fut le désagréable que je connus en primeur.
Durant la deuxième moitié des années 80 j’avais eu un bon boulot : cadre administratif, qui se finit par le rachat de ma boîte, et donc un licenciement…
J’avais eu un peu plus de difficultés que d’habitude pour trouver cet emploi : avant j’étais passé par l’intérim, à défaut de trouver un emploi fixe par les voies plus habituelles des annonces. L’ANPE ? Jamais je ne reçus une proposition d’emploi de sa part. La première et seule fois où elle se fit connaître à moi fut pour une injonction de faire un CES après trois ans de chômage.
Je mis très longtemps à comprendre que le chômage était de masse. Je voyais autour de moi quelques chômeurs de longues durées mais je pensais toujours qu’ils étaient des cas particuliers : mauvaise formation, manque d’expérience. En fait je répétais, sans m’en rendre compte, ce que disaient les médias et les gouvernements successifs.
La difficulté de trouver un emploi fixe par les voies des annonces que je rencontrais durant les années 80 je l’imputais à juste un accident de parcours, ou à une incompétence des boîtes d’intérim dans lesquelles j’étais inscrite. Pour y pourvoir je me fis cataloguer dans quatre agences d’intérim. Chacune était favorable à ma candidature, chacune me disait compétente, aucune ne me trouvait un emploi. Je ne comprenais pas. Si j’étais compétente alors pourquoi pas d’emploi ? Ma tête ou mon caractère ne leur convenaient-ils pas ?
J’étais très loin de comprendre que le chômage de masse existait. Ce n’était pas dans ma culture. J’avais vécu d’autres difficultés que j’avais toujours surmontées dans les années 70 quand j’arrivais sur le marché du travail sans qualification mais avec déjà une expérience d’une dizaine d’années et les dents longues voulant monter, monter, monter… sans limites, dont je n’identifiais d’ailleurs pas le but.
Quand je fus promu « cadre » dans la deuxième moitié des années 80 il me semblait que je n’aurais plus de handicap, que les portes me seraient ouvertes définitivement, que mes compétences étaient enfin reconnues à leur juste valeur. Depuis les années 70 je n’avais pas cessé de me former pour combler mes complexes de ne pas avoir fait d’études durant ma jeunesse : des milliers de livres lus, faculté en Histoire, gestion d’entreprise en formation permanente après un licenciement économique suite au premier choc pétrolier [1. dont je ne voyais pas l’importance sur l’emploi à l’époque] niveau bac+3, informatique que je sentais ultra urgent dès le début des années 80 et auquel j’eus accès, par hasard, en 1985…
A la base j’avais le complexe des gens qui côtoient des diplômés qui ont fait des Grandes Ecoles ou ont des doctorats obtenus en Faculté et qui, eux, n’y ont pas eu accès [1. Je n’appris que tardivement que Marguerite Yourcenar n’avait pas de diplôme, sinon je l’aurais pris comme exemple]. J’avais ce complexe – en fait héréditaire venant de mon père qui n’était ingénieur « que » des Arts et Métiers ! -. Déjà quand j’avais construit ma librairie c’était un pas énorme, mais le cancer de mon compagnon que j’avais soigné à domicile m’avait fait tomber. Ma générosité instinctive me perdit souvent dans la vie…
Ma culture familiale de base était « une femme est heureuse par le mariage elle n’a pas à se soucier de métier, mais uniquement du niveau social de son mari ». Mais je ne m’étais pas entendu avec mon mari et je l’avais quitté contre l’avis de la famille « on ne divorce pas » ! Autrement dit la femme subit : féministe dès le début des années 60 je ne comprenais pas ce qu’une femme avait de dissemblable d’un homme…. J’en côtoyais trop dans les bureaux pour savoir que leurs raisonnements n’avaient rien de différents, et que même j’avais quelques rationalités qu’ils n’avaient pas eux-mêmes…Dans les entreprises je voyais trop que j’étais capable autant qu’eux et que la seule différence entre eux et moi était le diplôme ou les relations, mais en aucune manière les capacités…je ne pensais pas qu’elle pouvait être de sexe !
J’avais aussi la culture de la volonté transmise par mon père « quand on veut on peut » culture qui me venait aussi par Napoléon « l’impossible n’est pas français ». Toutes ces petites phrases faisaient la base de ma culture…
Alors moi victime – mot dont j’ai horreur – du chômage ? Impossible. Pour les autres, pas moi qui me suis formée tout au long, qui est familière avec l’informatique et la bureautique, qui a de l’expérience…
Alors je pris le défit au sérieux et me dit : « ils veulent pas de moi ? : ils ne me connaissent pas, je vais leur montrer ce dont je suis capable en montant ma boîte ». Mais j’appréciais toujours mal les difficultés d’âge (là encore influence de mon père qui avait travaillé jusqu’à 78 ans), de résistance physique, de capitaux indispensables…..Le travail était dans mes gênes je ne pensais jamais à m’arrêter et ne rien faire…
Et donc mon aventure est surtout due au fait que je n’acceptais jamais qu’il y avait un chômage de masse et que j’étais dans cette masse… Moi ? non je suis qualifiée et expérimentée…Peut-on programmer sa vie en se disant c’est définitif ? plus jamais de boulot pour moi ? …à suivre…























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